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AU-DELA DE L'INSTITUTIONNEL, VIVRE LES VALEURS ET LES TRANSMETTRE...


INTRODUCTION AU COLLOQUE
" QUEL AVENIR POUR LE COURS DE MORALE ? "
17 novembre 2008
Parlement de la Communauté française



C’est au fond ce qui, pour nous, est l’essentiel.

 

Encore faut-il définir ces valeurs, les analyser pour en rendre compte, les diffuser, savoir les transmettre pour qu’elles ne soient pas déformées ni déformables, accompagnées d’une méthode liée au libre choix, à l’esprit critique, à l’épanouissement de l’individu intégré à une société globale dont il doit se défendre parfois, où il doit s’intégrer souvent, dont il est exclu, trop souvent…

 

Société du connaître ou société du savoir ? Société du paraître ou société de l’Etre ? Société de la réussite individuelle ou société du solidaire ?  Société du tabou, du dogmatique et du révélé ou société du référent humain, de la construction de la raison et du vivre ensemble au nom de l’Humanité agissante ?


Face à tant de défis, alors que la Constitution établit la liberté des choix philosophiques dans la société, l’enseignant de l’officiel (Communautaire ou Subventionné) est appelé à se positionner comme porteur de valeurs et de modes de pensées non dogmatiques, inspirés des valeurs de la démocratie, qu’il doit transmettre, dans le respect de l’autre et de ses choix.

 

Il doit être d’abord maître de son choix personnel mais en tant qu’enseignant, il doit disposer des moyens d’aider les plus jeunes à opérer le leur, si son statut est celui de maître ou de professeur chargé de cours dits « philosophique ».

 

L’enseignant de morale modèle serait donc celui qui vit selon un mode de pensée inspiré par les valeurs démocratiques et adogmatiques, par des valeurs personnelles, familiales, sociétales construites à l’aune de la conscience éclairée et de la raison, mais qui doit aussi transmettre un outil qui aide à poser la question des choix  philosophiques en conscience.

 

Or, transmettre des valeurs et des outils de réflexion personnels attachés à la construction des valeurs est très complexe. Le débat « cours de morale » « cours de philosophie » l’a bien montré. S’il paraît simple de construire un cours de religion, avec un dogme et des valeurs arrêtées par l’autorité du culte, construire un cours de morale non confessionnelle, qui pourrait s’adresser à tous et qui s’adresse de fait et aussi à ceux qui n’ont pas fait le choix d’une religion est difficile.

 

  

Quel dénominateur commun à cet enseignement ? Celui, négatif d’un non choix religieux, celui positif du choix d’une société établissant ses valeurs au nom de l’Humanité, de l’homme dans la société, tributaire et responsable de la vie commune, juridiquement et socialement capable d’agir, de choisir, donc d’influencer le comportement des autres par le sien ?

 

Quelle formation pour un tel enseignant ? Quelles ressources, quels cadres, quels soutiens ? Les questions sont fondamentales car elles conditionnent d’abord un contenu, ensuite une didactique, et enfin, conséquemment, une compétence liée à ce contenu et à cette didactique.

 

Comment devenir un enseignant qui maîtrise une matière forcément à construire chaque jour et à transmettre sans refuge dans un dogmatisme confortable ? Comment amener le jeune, l’enfant, à réfléchir librement mais consciemment, comment l’amener à une distance critique, loin des modes, des préjugés, des pensées faciles et d’une société du consommable immédiat et précaire ?

 

Ce colloque, nous l’avons voulu ouvert d’abord aux enseignants, ensuite à ceux qui bénéficient de leur enseignement ou de leur action à long terme, jeunes, société en général, milieu scolaire et associatif en particulier. Quel contenu pour quel profil d’enseignant ? Comment reconnaître les compétences ? Comment les acquérir ? Comment encadrer les plus jeunes ?

 

Les réponses que les participants de ce colloque donneront à ces différents questionnements seront essentielles à l’élaboration d’un réel statut de l’enseignant chargé du cours de morale, à la mise en œuvre de politiques de formation et d’encadrement adaptés aux difficultés du terrain et aux objectifs que se donne le cours  de morale.

 

C’est dire que, pour nous aussi, rien n’est donné et tout est à construire, sur base de ce qui existe, de ce qui est proposé comme outil, de la richesse des milieux de l’associatif  et de l’institutionnel de la laïcité, de la richesse des enseignants eux-mêmes, confrontés à une mission intellectuellement et humainement  gigantesque et motivante : aider le jeune à se construire dans une société où l’autre est d’abord et avant tout un repère relatif, pour construire sa propre identité, dans le respect de l’humain,  de la fraternité qui lui donne sa capacité de résistance et de la tolérance active au service de l’humanité.

 

 

  

Isabelle  Emmery                   Véronique Jamoulle

 

 

Députées PS à la Communauté française


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