Lendemain
de 1er mai. Un humain s'est suicidé. Un jeune homme, 32 ans,
né au Cameroun, en
Belgique depuis 2005, pensait qu'il serait
régularisé puisqu'il rentrait dans l'un
des critères obtenus par le PS dans l'Accord de
gouvernement : celui
d'avoir le droit de vivre ici à condition d'avoir des
« attaches
locales », d'être en Belgique depuis le 31
mars 2007 et d'avoir un
travail.
Samedi
dernier, cet homme a fait l'objet d'une tentative d'expulsion violente.
Un
passager de Brussels Airlines assistant à la
scène, un co-humain, a réagi. Il a
permis d'éviter l'expulsion puis a été
extirpé de l'avion, son appareil photo
confisqué et on l'a mis au cachot durant 10 heures. Quand on
l'a libéré, le
film de l'expulsion avait été effacé
de son appareil digital et il a appris
qu'il n'était plus le bienvenu sur les lignes de Brussels
Airlines... L'humain
sans papiers, lui, s'est vu annoncer une nouvelle tentative d'expulsion
ce
lundi 5 mai.
Avec
passage en cellule d'isolement dès la veille. Il n'a pas
voulu attendre. On l'a
retrouvé pendu dans les toilettes. Cela a
provoqué des émeutes dans le centre
de détention.
Nous
sommes le 2 mai en Belgique. Dans nos centres fermés, il y a
des enfants, des
suicides et des émeutes.Comment devons-nous
réagir ? Comment
devons-nous réagir en tant que socialistes ?
Nous qui
hier avons entendu - et aimé - ce discours :
« Être socialiste, c'est
garder sa révolte face à ceux qui souffrent. Et
puis c'est surtout transformer
cette révolte en actions concrètes pour
améliorer la vie des gens. … Il n'y a
pas d'un côté des personnes avec un statut et des
droits et de l'autre des
personnes sans papiers ».
Et
alors ? Le PS est-il en tort ? Non. Pas dans ce cas-ci. Au
contraire, nous
avons obtenu un engagement clair en matière de
régularisation dans l'Accord de
Gouvernement. Nous avons offert des perspectives de solutions aux 100
000
personnes sans statut et sans droits qui vivent dans notre pays.
Aujourd'hui,
quelle position politique adopter ? Demander à
Aujourd'hui,
l'Office des Etrangers, son administration, désinforme en
omettant
systématiquement de mentionner les attaches locales, un
emploi et la présence
avant le 31 mars 2007 comme critère de
régularisation. Les personnes sans
papiers ont reçu des promesses de la part de notre
Gouvernement fédéral. On
leur a donné des droits sous la forme d'un accord politique.
Elles attendent
que ces droits se traduisent dans des textes de loi. Elles ne voient
rien
venir. Et elles se radicalisent.
Certains
groupes extrémistes les manipulent ? Ces groupes
sont irresponsables et
leur font prendre des risques graves ? Ils feraient mieux de
manifester
devant les sièges du VLD, du MR et du CD&V
plutôt que de cibler leurs
meilleurs défenseurs ? C'est évident.
Mais cela ne saurait exonérer