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 Ce que j'en pense...








La Palestine a, plus que jamais, besoin du soutien de la Communauté internationale ! 

interview flash diffusée sur le site du PS
mars 2008

C’est en qualité de Vice-Présidente de Solidarité Socialiste que Véronique Jamoulle, Députée bruxelloise et à la Communauté française, a participé à une mission civile en Palestine du 23 au 28 mars dernier. Des représentants d’associations culturelles, syndicales et de développement, francophones et flamandes, y ont pris part. Ils se sont rendus dans la bande de Gaza, en Cisjordanie (à Hébron, Bethléem et Ramallah) et à Jérusalem. Le programme a permis de nombreuses rencontres et entretiens avec des organisations palestiniennes, israéliennes et des Nations-Unies.

 

voir les photos de la mission civile en Palestine

consulter mon interpellation parlementaire


Que retenez-vous de cette mission ?

 

Véronique Jamoulle : De manière générale, l’impression que nous avons eue est que la situation sur le terrain est bien plus inquiétante que l’image qui prédomine dans les médias et l’opinion publique. La politique systématique de colonisation menée par Israël n’a jamais cessé, que du contraire, même après la Conférence d’Annapolis en novembre 2007, y compris à Jérusalem-Est.

 

L’augmentation des routes réservées aux colons, des points de contrôle et des colonies ainsi que de la poursuite de la construction du mur réduit la Cisjordanieen une série d’enclaves entre lesquelles les Palestiniens sont de moins en moins libres de circuler. Des familles sont séparées, des paysans coupés de leurs champs, des enfants de leur école, des personnes âgées du cimetière où elles allaient se recueillir sur la tombe d’un conjoint ; des malades empêchés d’accéder à un hôpital. L’eau et l’électricité, achetées à cher prix à Israël, manquent souvent. L’économie est exsangue et une partie de plus en plus importante de la population dépend de l’aide humanitaire, achetée elle aussi à Israël …

 

Sans parler de la bande de Gaza, immense cage à ciel ouvert où survivent 1 million et demi de personnes sur un territoire de 50 sur 5 à 10 km … territoire dans lequel même les diplomates européens ont du mal à entrer. Des jeunes de Gaza nous ont demandé de leur donner une raison d’espérer encore et nous ont dit "c’est difficile de vivre à Gaza mais c’est très facile d’y mourir".

 

Cette situation fait que beaucoup des personnes rencontrées ont de plus en plus de mal à garder espoir dans une solution négociée avec Israël, qu’elles appellent pourtant de tous leurs vœux et pour laquelle beaucoup d’entre elles travaillent en collaboration avec des associations israéliennes pour la paix et les droits de l’homme.

Nombreux aussi ont été nos interlocuteurs qui ont dénoncé le fait que l’UE et ses États membres ont abandonné le rôle moteur qu’ils ont joué à un certain moment pour un traitement politique du conflit israélo-palestinien …

Aujourd’hui, l’UE et ses États membres sont revenus à une approche essentiellement humanitaire, voire "palliative" … Ils aident la population à survivre mais non à vivre dans la dignité.

 

 

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

Véronique Jamoulle : Toute la mission a été une succession de moments forts et poignants … Étre témoin de l’humiliation quotidienne de tout un peuple, c’est terrible.

Parmi les moments qui m’ont particulièrement touchés, je citerai la rencontre avec les étudiants du département de français de l’Université Al-Azhar de Gaza avec lesquels nous avons eu une longue discussion émouvante. Ils nous ont raconté leurs espoirs de paix, leurs difficultés de vie et leur désir de goûter à la vie comme tous les jeunes du monde. Ils regrettent de ne pas rencontrer d’Israéliens ("on ne voit que leur armée") et de ne pas avoir "de place pour marcher, regarder les oiseaux, pas de théâtre, pas de cinéma…". Ils disent leur impression d’étouffement et quand même leur volonté d’étudier, leur incompréhension aussi et même leur colère face à l’inertie de la Communauté internationale.

Beaucoup d’entre eux qui ne sont pourtant pas des partisans du Hamas ne comprennent pas pourquoi nous refusons de parler avec le Hamas … qui a été élu démocratiquement. Ils citent Tony Blair qui a fini par parler avec l’IRA pour la paix en Irlande… ou Zapattero et l’ETA … Depuis … Jimmy Carter s’est prononcé dans le même sens …

 

Un autre moment touchant et qui démontre l’absurdité de l’occupation a été la visite du vieux centre d’Hébron avec un jeune israélien de l’association "breaking the silence" (une association d’anciens soldats israéliens). Le vieux centre qui grouillait de vie est devenu un centre ville fantôme d’où quasiment tous les habitants et commerce palestiniens ont été bannis … pour protéger 400 colons qui y "vivent" protégés par 3.000 militaires.

 

 

A l’issue de cette mission, que comptez-vous faire ?

Véronique Jamoulle : Comme les autres participants, témoigner le plus possible pour faire mieux connaître la situation et l’urgence d’œuvrer à tous les niveaux à une solution politique juste et durable du conflit dans le respect du droit international.

La Belgique devrait remettre la question à l’ordre du jour de l’UE et du Conseil de sécurité des Nations-Unies et en particulier œuvrer pour la suppression du blocus de Gaza de manière globale, et au moins pour ce qui touche les soins de santé.

Il me semble aussi que la Belgique devrait jouer un rôle moteur pour le développement des mécanismes de contrôle qui doivent empêcher Israël de continuer d’importer de manière préférentielle en Europe des produits en provenance des colonies comme produits israéliens dans le cadre de l’accord d’association passé avec l’UE. En tolérant ces importations, l’UE soutient une politique contraire au droit international

 

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