
Socialiste et seule candidate de la Concertation démocratique, coalition de centre gauche au pouvoir depuis 1990, soutenue par le Président Lagos, elle arrive très tôt en tête des intentions de vote et ce, malgré le peu de moyens dont elle dispose pour sa campagne. En face : le candidat de la droite « dure » et ancien pinochiste, Joaquin Lavin ; un libéral démocrate, homme d’affaires à succès qui détient l’une des plus grosse fortune du Chili (et donc des moyens colossaux pour sa campagne … il vient d’acheter une chaîne de télévision !), Sebastian Pinera ; et enfin un candidat d’extrême gauche, Thomas Hirsch.
Le 15
janvier 2006, Michelle Bachelet est élue au second tour de
l’élection présidentielle avec 53,5 %
des voix contre 46,5 % pour son adversaire, le milliardaire Sebastian
Pinera. Investie le 11 mars, elle devient, pour un mandat
de quatre
ans, la première femme de l’histoire à
accéder au poste de chef d’Etat dans son pays.
Divorcée, mère de trois enfants qu’elle élève seule, agnostique, exilée politique et militante socialiste, elle a su convaincre les électeurs par sa simplicité, ses idées et la chaleur qu'elle dégage. Un coup de maître dans un pays catholique, considéré machiste, aux inégalités hommes-femmes marquées et où le divorce n'a été légalisé qu'en 2004... Sebastian Pinera, le « Berlusconi chilien » a même été jusqu’à féliciter Michelle Bachelet "pas seulement parce qu’elle devient la première présidente du Chili" mais comme symbole de la "lutte de millions de femmes pour parvenir à la place qui leur revient". Bien plus, comme l’a si bien dit Michelle Bachelet elle-même c’est d’abord « le Chili tout entier qui a gagné ». C’est un grand élan populaire pour plus de solidarité et d'équité qui se concrétise. C’est enfin un renouvellement démocratique et une victoire historique de la gauche chilienne sur le souvenir et l’histoire de la dictature pinochiste.
« Estoy contigo » (Je suis avec toi) disait une affiche de la campagne de Michelle Bachelet, aujourd’hui nous sommes tous avec elle pour qu’elle continue à porter les énormes espoirs qu’elle inspire à toutes les femmes et tous les défavorisés de son pays et d’ailleurs !
« Por Chile, por la gente » tout simplement.