Monsieur le Ministre,
Dans Le Soir du mercredi 21 mai, nous apprenions, chiffres
de l’étude Pisa à l’appui, que l’école libre serait meilleure que l’école
officielle. La raison qui a été invoquée pour justifier cet anathème réside
dans l’organisation des réseaux, davantage décentralisée pour l’un, et centralisée
pour l’autre.
Je dois bien vous avouer que ces propos, portés par le MR au
travers de Monsieur Destexhe, m’ont surprise à plus d’un titre.
De même, je n’ai pas compris l’attitude de Monsieur Borsus,
éminent connaisseur du dossier, mais véritablement gêné par les positions de
son parti. Monsieur Borsus nous a habitués à plus d’indépendance. Il a, me
semble-t-il, toujours manifesté un attachement au service public. Que
voulez-vous, Monsieur le Ministre, la logique partisane a produit des
contraintes trop lourdes à porter.
Pour revenir au contenu des allégations du MR, il m’a pourtant
toujours semblé que l’autonomie dont jouissaient les écoles du réseau officiel
était particulièrement grande : outre l’autonomie laissée dans le contenu
et les processus d’enseignement, les écoles de l’enseignement officiel restent
également « libres » d’organiser et réglementer la vie scolaire,
d’utiliser les ressources financières et matérielles selon les projets qu’elles
mettent en œuvre et le projet pédagogique de l’école. Il en va de même dans
l’utilisation qu’elles font des ressources humaines dont elles disposent.
De plus, ma crainte est grande de voir cette utilisation
biaisée et sélective, partielle et à mon sens partiale des chiffres de l’étude
Pisa alimenter une nouvelle guerre scolaire, qui ne serait due qu’à un diagnostic
erroné tiré de façon quelque peu hâtive de cette étude statistique. Les
capacités du Docteur Destexhe sont bien connues pour ce genre d’exercice et ce
ne sont pas mes collègues MR qui me démentiraient. La science veut en effet
que, quelque soit la grille de lecture utilisée, les données soient au moins
objectives, ou à tout le moins objectivables.
Pouvez-vous, Monsieur le Ministre, nous rassurer sur ces
propos tant du point de l’autonomie de l’enseignement officiel que de l’analyse
des chiffres utilisés ?