Monsieur le Ministre
Comme je siège à la fois à la Région de
Bruxelles-Capitale et à la
Communauté française, j'ai l'occasion d'avoir des contacts
fréquents avec des enseignants et des directeurs du réseau de l'enseignement de
Promotion sociale. J'en ai aussi eu avec les personnes du cabinet de la
ministre Arena qui suivent de près l'enseignement de Promotion sociale. Elles
ont été en relation avec votre cabinet et avec l'ORBEM pour essayer de
débloquer cette situation : en théorie c'est possible, mais, dans les faits,
c'est tellement compliqué et coûteux que cela ne se fait pas.
Au regard des collaborations que la Régionla Communauté française
ont développées entre le FOREM et l'enseignement de Promotion sociale, je me
dis que nous avons du chemin à parcourir. Il y a ainsi une conventioncadre
entre l'enseignement de Promotion sociale et le FOREM qui date de 2000, deux
conventions spécifiques dans le cadre du plan Marshall en matière de langues et
de formations pour les métiers où il y a pénurie de personnel, une convention
qui regroupe l'enseignement de Promotion sociale, la Région, le FOREM, Lire et Ecrire,
et la Fédération
des entreprises d'intérim en matière d'alphabétisation et de formation de base
; enfin, l'enseignement de Promotion sociale participe systématiquement aux
appels à projets du FOREM en matière d'alphabétisation et de CEB (certificat
d'étude de base) et bénéficie d'un financement de la Région
Du côté de la
Région flamande, il existe également des conventions et des
collaborations. Je ne dis pas que le privé ne peut pas assurer des formations
correctes, mais la
Communautéla Communauté française
organisent un enseignement de qualité, dispensé par des des personnes
spécialement formées et disposant d'une réelle expertise dans un travail de
formation "de 2ème chance" - on a souvent appelé notre enseignement
de Promotion sociale "l'école de la deuxième chance", et heureusement
qu'il est là -, et garantissant une formation certifiée, contrairement aux
centres privés.
Il existe bel et bien une convention assez ancienne, établie
avec Bruxelles Formation, dont les modalités de mise en oeuvre, particulièrement
complexes, sont actuellement revues pour en améliorer l'efficacité, notamment
en matière d'enseignement de Promotion sociale. Les Bruxellois de la Communauté française se
sentent désavantagés comparativement aux Wallons. Néanmoins, brandir la
complexité de nos institutions pour justifier l'incapacité à mettre en oeuvre
les synergies avec les personnes compétentes, disposant de l'expertise
nécessaire, est un alibi facile. D'autant plus que la problématique des jeunes
demandeurs d'emploi sous-qualifiés est plus aiguë en Région bruxelloise que
dans les autres Régions.
Pourquoi n'arrive-t-on pas à créer de telles synergies à
Bruxelles et à les faire fonctionner audelà de la complexité institutionnelle ?
J'ai la même impression avec un autre point soulevé dans l'interpellation de M.
Gosuin, qui concerne l'accès des centres de compétence à l'enseignement de
Promotion sociale. L'accord de coopération relatif au Fonds des équipements
pour l'enseignement technique et professionnel - dont le parlement devrait
bientôt disposer - prévoit l'accès des centres de compétence aux élèves de
l'enseignement technique et professionnel et de l'enseignement de Promotion
sociale.
Les centres de technologie avancée seraient également
ouverts aux demandeurs d'emploi en formation ou aux personnes qui suivent les
cours de Bruxelles Formation. Cet accord de coopération a été voté avant les
vacances en Région wallonne et en commission de la Communauté française.
Il sera voté cette semaine en séance plénière à la Région et à la Communauté
française. La Région
bruxelloise risque à nouveau d'être en retard. Nos écoles ne vont pas pouvoir
préparer la réponse aux appels à projets qui vont être lancés pour les centres
de technologie avancée. Ce sont de merveilleux outils, qui permettent de faire
jouer les synergies entre l'enseignement
et toutes les formations qui existent dans le cadre de la Communauté française,
mais aussi avec les formations pour les demandeurs d'emploi.
Où en est l'élaboration de cet accord, qui permettrait à nos
écoles d'ouvrir des centres de compétence - dont l'encadrement et les
déplacements des élèves seraient financés par la Communauté française -
en échange de l'ouverture des centres de technologie avancée financés par la Communauté française
aux demandeurs d'emploi ? En Région wallonne, cette ouverture se fait 10% du
temps. A Bruxelles, elle pourrait atteindre les 25%. Cela représente une
ouverture non négligeable sur du matériel qui sera payé par la Communauté française,
par le Fonds des équipements technique et professionnel.
Les difficultés
institutionnelles entraînent un retard de la Région
bruxelloise pour un merveilleux outil qui permettrait de faire jouer
les compétences et les spécificités de tous, dans
l'intérêt des jeunes de notre Région, qui en ont
tellement besoin.