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Enseignement - formation


 
- Question orale de Véronique JAMOULLE à Marie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative à "la fréquentation des classes maternelles " [22/06/05]
Commission Education du 22 juin 2005 - p.7





Madame la Ministre-Présidente,
 
La 1ère priorité du Contrat pour l’Ecole, je m’en réjouis, est  « plus d’enseignants pour nos enfants ». Déjà concrétisée et à présent soumise au Parlement, cette mesure s’inscrit dans la réflexion selon laquelle, lorsqu’un enfant décroche, il est indispensable de s’arrêter un instant pour remédier à ses difficultés, et ainsi éviter que le fossé se creuse à un point tel qu’il ne puisse plus être véritablement comblé par la suite.
 
On comprend dès lors toute l’importance d’une équipe compétente autour de l’enfant, afin de l’aider à évoluer de la façon la plus harmonieuse possible dans un environnement scolaire tenant compte de ses points forts et de ses faiblesses.
 
Si l’on s’attache à développer les moyens de maintenir ou « refixer » dans un processus d’apprentissage un enfant en décrochage, il peut cependant être bien plus ardu d’ « accrocher » un enfant, et je parle ici de l’enseignement préscolaire, là où il y a le plus de fluctuations dans les périodes passées à l’école.
 
Et pour cause… non soumis à l’obligation scolaire, l’enfant entre 2 ans ½ et 6 ans va à l’école maternelle si ses parents l’y inscrivent… et l’y emmènent. Je me permets de m’attarder quelque peu sur cet implacable constat : tous les enfants ne vont pas à l’école maternelle,  en particulier lorsqu’ils sont issus de familles défavorisées.
 
Parents peu informés de ce qui se passe et « se joue » véritablement à l’école maternelle (« si c’est pour faire des dessins, autant que mon enfant reste à la maison »), parents peu désireux d’inscrire leur enfant ou parents qui voudraient bien mais ne peuvent point (moyens de locomotion, contraintes horaires, moyens divers) … autant de parents isolés qui s’isolent encore davantage, risquant de s’enfoncer toujours un peu plus dans la précarité et le déséquilibre.
 
Pourtant, en tant que lieu d’échange entre pairs, la classe maternelle peut être un contexte privilégié d’observation de la santé, physique et mentale de l’enfant, des toutes  1eres  difficultés ou carences… et l’on sait combien un dépistage précoce peut être indispensable pour éviter les effets « toboggan » et la spirale des échecs. L’école maternelle, c’est aussi l’occasion de créer les premières relations parents-enfants, d’inscrire le tout jeune enfant dans un processus d’apprentissage continu, et de mettre en place, au besoin, des modalités de soutien des enfants ou des familles, notamment via les CPMS. 
 
Au delà de la question de l’abaissement de l’âge de l’obligation scolaire, il me semble essentiel  de faire en sorte que l’école soit un moyen de court-circuiter les mécanismes du lien, trop causal, entre inégalités sociales et inégalités scolaires, de rompre les mécanismes de reproduction et de généralisation de ces failles. Au delà de l’inscription, comment faire en sorte d’augmenter la fréquentation, en renforçant la confiance nécessaire entre l’école et la famille.
 
Famille et école contribuent en effet chacune, selon une importance relative, au développement de l’enfant et le juste équilibre qui convient à un jeune enfant peut lui être tout à fait spécifique.
 
Aussi, Madame la Ministre-Présidente, je vous interroge sur ces points, sachant que les enjeux de la pré-scolarisation font aussi partie des objectifs généraux de l’enseignement obligatoire, et que ces enjeux sont aussi importants que la promotion de la confiance en soi, la socialisation, l’acquisition de l’autonomie, la conquête de nouvelles compétences, les premières expériences de participation à l’exercice d’une citoyenneté responsable, etc. :
 
Quels pourraient être les leviers de changement amenant à une fréquentation plus régulière de l’enseignement préscolaire par les enfants de moins de 6 ans ?

Des réflexions sont-elles menées en votre cabinet concernant l’encouragement et l’incitation à la fréquentation préscolaire ?
Dans l’affirmative, quelles sont ou seraient les mesures susceptibles d’être mises en place pour assurer à chacun de disposer de chances égales d’émancipation sociale par l’école, et ce, dès la maternelle ?

Enfin, où en est-on dans les contacts avec les autres communautés et le fédéral concernant l’abaissement de l’âge de l’obligation scolaire ?
 
D’avance je vous remercie pour votre réponse





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