Monsieur le Ministre
Nos comportements sont régis par un ensemble de règles de
conduite et d’interdits communément appelés « le droit », qui s’imposent à tout
individu vivant en société. Au-delà d’un ensemble de contraintes, le droit est
un facteur de régulation sociale. Le décret visant à réguler les inscriptions y
participe pleinement.
C’est donc avec consternation que j’ai appris que le préfet
du lycée Émile Jacqmain avait tout simplement décidé, à la dernière rentrée
scolaire, de pré-inscrire septante-huit élèves dans l’enseignement secondaire !
Contourner la loi va à l’encontre des principes fondateurs
de notre société, principes que nous devons sans cesse réaffirmer. La mission
d’un préfet est d’assurer la bonne gestion de son établissement. Son rôle est
de véhiculer les valeurs d’émancipation sociale liées à l’éducation. Qu’il
fasse purement et simplement fi de la législation et agisse en marge du système
auquel il appartient est inadmissible. Que pouvons-nous attendre de la
démocratie quand un acteur majeur du système éducatif décide de boycotter le
droit ?
En annonçant qu’il fallait au moins 75 % au dernier bulletin
de sixième primaire pour être inscrit, le préfet du lycée Jacqmain a également
transgressé le décret « missions ». Comment ce préfet, qui est le premier à
bafouer le droit, pourra-t-il encore faire respecter le règlement de son
établissement aux élèves et aux professeurs ? Monsieur le ministre, que
pensez-vous de ce non-respect des dispositions en vigueur ? Quelles seront les
sanctions ? De quelles armes disposez-vous pour faire respecter la loi ?