Enseignement - formation
- Question
orale de Véronique JAMOULLE à Marie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative à "la place des aînés dans le système éducatif "
Madame la Ministre-Présidente,
Le 27 novembre dernier, un processus participatif de deux
mois a été lancé par le PS « pour une société seniors admis ». Quatorze
rencontres-débats sont prévues en Wallonie et à Bruxelles pour sonder les
besoins des aînés, y réfléchir ensemble et formuler des propositions.
La vision du PS se veut résolument positive : l’espérance de
vie des femmes et des hommes ne cesse de croître, il est donc essentiel de
défendre une société respectueuse offrant à chacun, et à chaque âge de la vie,
un rôle, une place et une parole. Réfléchir à la place de nos aînés dans la
société, c’est inévitablement tenir compte de leurs familles et de leurs
proches. La retraite, attendue ou redoutée, provoque à un moment ou un autre un
sentiment de vide et d’utilité réduite.
On connaît les effets dévastateurs de cette spirale
d’émotions négatives : « À quoi puis-je encore servir ? », « Quelle place la
société me réserve-t-elle ? ». Quelle place voulons-nous faire à nos aînés ? Il
me semble qu’en matière d’éducation, ils peuvent constituer des « passeurs de
mémoire » incontournables. Forts d’un bagage existentiel important, certains
d’entre eux ne demandent qu’à ouvrir leurs valises afin d’en sortir, sous les
yeux ébahis des enfants, des invitations à l’imaginaire.
Je pense ici aux aînés, les papys et mamys conteurs, qui
animent les « heures du conte » dans certaines classes maternelles. Toutefois,
il ne faut pas se cantonner aux relations avec les petits enfants. Les ponts à
jeter entre les générations concernent aussi les adolescents et les adultes.
Dans le secondaire, ne serait-il pas souhaitable de favoriser de tels échanges
? Comment pourrait-on les envisager ?
Ne pourrait-on permettre la mise en place d’une forme de
compagnonnage entre les enseignants retraités, désireux de faire partager leur
vécu scolaire, pédagogique et relationnel, et les jeunes enseignants qui
débutent. En France, dans un esprit de « parrainage », des grands-parents se
sont associés pour accompagner des enfants en perte de repères familiaux. Ce
type de rencontre valorise autant l’enfant « orphelin » de parents ou de
grands-parents que l’aîné en manque de relations. Par ailleurs, certains aînés
souhaitent s’impliquer dans les écoles ou les écoles de devoirs.
Ces échanges intergénérationnels sont essentiels pour
permettre à l’enfant de découvrir la filiation au travers d’initiatives
intergénérationnelles. Partager avec un aîné, c’est aussi un moyen de donner un
sens aux mots « demain » et « grandir ». Apprendre, c’est plus que transmettre
un savoir, c’est partager une pratique, livrer un vécu, s’ouvrir à l’autre et
lui permettre de s’ouvrir à nous. Ce n’est pas seulement envisager l’aîné au
service de l’enfant, mais aussi l’enfant au service de l’aîné. L’outil
informatique est un bon exemple. Les enfants y sont sensibilisés très tôt alors
qu’il reste un immense mystère technologique pour certains adultes.
Aussi, Madame la Ministre-Présidente,
pourriez-vous nous informer de l’état de votre réflexion ?