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Enseignement - formation



- Question orale de Véronique JAMOULLE à Marie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative à  "la place des aînés dans le système éducatif "
Commission Education du 20 décembre 2005 - p.4





Madame la Ministre-Présidente,
Le 27 novembre dernier, un processus participatif de deux mois a été lancé par le PS « pour une société seniors admis ». Quatorze rencontres-débats sont prévues en Wallonie et à Bruxelles pour sonder les besoins des aînés, y réfléchir ensemble et formuler des propositions.


La vision du PS se veut résolument positive : l’espérance de vie des femmes et des hommes ne cesse de croître, il est donc essentiel de défendre une société respectueuse offrant à chacun, et à chaque âge de la vie, un rôle, une place et une parole. Réfléchir à la place de nos aînés dans la société, c’est inévitablement tenir compte de leurs familles et de leurs proches. La retraite, attendue ou redoutée, provoque à un moment ou un autre un sentiment de vide et d’utilité réduite.
 
On connaît les effets dévastateurs de cette spirale d’émotions négatives : « À quoi puis-je encore servir ? », « Quelle place la société me réserve-t-elle ? ». Quelle place voulons-nous faire à nos aînés ? Il me semble qu’en matière d’éducation, ils peuvent constituer des « passeurs de mémoire » incontournables. Forts d’un bagage existentiel important, certains d’entre eux ne demandent qu’à ouvrir leurs valises afin d’en sortir, sous les yeux ébahis des enfants, des invitations à l’imaginaire.
 
Je pense ici aux aînés, les papys et mamys conteurs, qui animent les « heures du conte » dans certaines classes maternelles. Toutefois, il ne faut pas se cantonner aux relations avec les petits enfants. Les ponts à jeter entre les générations concernent aussi les adolescents et les adultes. Dans le secondaire, ne serait-il pas souhaitable de favoriser de tels échanges ? Comment pourrait-on les envisager ?
 
Ne pourrait-on permettre la mise en place d’une forme de compagnonnage entre les enseignants retraités, désireux de faire partager leur vécu scolaire, pédagogique et relationnel, et les jeunes enseignants qui débutent. En France, dans un esprit de « parrainage », des grands-parents se sont associés pour accompagner des enfants en perte de repères familiaux. Ce type de rencontre valorise autant l’enfant « orphelin » de parents ou de grands-parents que l’aîné en manque de relations. Par ailleurs, certains aînés souhaitent s’impliquer dans les écoles ou les écoles de devoirs.
 
Ces échanges intergénérationnels sont essentiels pour permettre à l’enfant de découvrir la filiation au travers d’initiatives intergénérationnelles. Partager avec un aîné, c’est aussi un moyen de donner un sens aux mots « demain » et « grandir ». Apprendre, c’est plus que transmettre un savoir, c’est partager une pratique, livrer un vécu, s’ouvrir à l’autre et lui permettre de s’ouvrir à nous. Ce n’est pas seulement envisager l’aîné au service de l’enfant, mais aussi l’enfant au service de l’aîné. L’outil informatique est un bon exemple. Les enfants y sont sensibilisés très tôt alors qu’il reste un immense mystère technologique pour certains adultes.
 
Aussi, Madame la Ministre-Présidente, pourriez-vous nous informer de l’état de votre réflexion ?




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