Enseignement - formation
- Interpellation [jointe] de Véronique JAMOULLE à Marie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative "à la violence à l'Ecole"
Madame la
Ministre,
Des faits de violence grave dans des écoles viennent de
faire la une de l’actualité.
Nous savons que de tels faits inacceptables sont
heureusement rares. Mais nous savons aussi que la violence est
présente dans
nos écoles : incivilités, violences verbales,
racket, indiscipline,
enseignants victimes d’élèves ou de parents,
élèves victimes d’autres élèves,
etc.
L’école n’est évidemment pas un vase clos. Elle est le
« réceptacle » d’une violence présente dans la société. Mais le fait
que l’école soit perméable à la violence de la cité n’est pas une raison pour
l’accepter. La violence n’est jamais acceptable, moins encore à l’école
qu’ailleurs parce qu’en fin de compte, elle compromet la mission éducative de
l’école (promotion du respect, de la coopération, de la tolérance), elle met à
mal le droit même à l’éducation pour tous, en particulier des plus fragiles, et
le droit de chacun au respect de la dignité humaine et à la sécurité dans son
milieu de vie et de travail.
On ne peut accepter que des enseignants, des enfants ou des
adolescents se lèvent le matin en ayant peur d’aller à l’école !
Toutes les études démontrent que le phénomène de la violence
à l’école, dû à de nombreux facteurs psychosociaux et environnementaux est
complexe et requiert des stratégies différenciées et globales … bien réfléchies
…
Vous avez eu l’occasion de rappeler combien les réactions
médiatiques à chaud et « stigmatisantes » n’apportaient aucune
solution et de mettre en évidence les dispositifs actuellement prévus et
l’importance du travail de prévention. Je m’en réjouis.
Je voudrais ici, dans le cadre d’une approche globale, poser
quelques questions et lancer quelques pistes de réflexions :
Disposez-vous de données chiffrées mises à jour pour tous
les réseaux des faits de violence à l’école (motifs d’exclusion, plaintes,
etc.) ?
Différents dispositifs ont été mis sur pied pour, entre
autres, lutter contre la violence à l’école : service de médiation,
équipes mobiles, espaces relais (S.A.S.), rôle des C.P.M.S. Dispose-t-on d’une
évaluation de ces dispositifs ? Comment pourrait-on améliorer la
coordination de tous les acteurs concernés ?
Concernant plus particulièrement les espaces relais
(articles 30 et suivants du décret du 30 juin 1998) qui semblent correspondre à
un réel besoin mais qui n’existent que comme expériences pilotes, qu’est-il
prévu pour les pérenniser, voire augmenter leur nombre ?
La plupart des études mettent en évidence combien l’absence
d’autorité ou de « leadership » de la part de la direction et des
équipes pédagogiques des établissements est l’un des facteurs décisifs de la
violence. Comment améliorer la formation initiale et continue pour mieux armer
les directions et enseignants ? Comment, plus spécifiquement, mieux
soutenir les jeunes enseignants et les enseignants qui n’ont pas les titres
requis (article 20, …) ?
Les surveillants-éducateurs jouent un rôle essentiel dans
les écoles en matière de prévention. Ils ont l’avantage d’être membres de
l’équipe pédagogique, d’avoir une relation quotidienne avec l’école et les
élèves. Ne pourraient-on revoir les normes d’encadrement pour ce qui les
concerne ?
Enfin, pour lutter contre le phénomène de « bande» … de
pression/influence exercées par de jeunes adultes, parfois au lourd passé, qui
se retrouvent dans le 2ème cycle du secondaire avec des élèves plus jeunes, ne
pourrait-on étudier la possibilité de limiter le nombre d’années auquel les
élèves ont droit pour accomplir le 2ème cycle comme c’est le cas pour le 1er
cycle ?