
Madame la
Ministre,
Plusieurs artistes et bénévoles belges de l’association «
Artistes contre le mur » sont partis pour Qalqilya, une ville de Palestine
entourée par le mur construit par Israël, afin d’y animer des ateliers
d’expression artistique pour les enfants et les adolescents. Ils avaient dans
leurs valises des instruments de musique, des livres, des jouets et aussi des
babeluttes, des cuberdons et du pain d’épice bien de chez nous.
À leur arrivée à Tel-Aviv, cinq personnes du groupe ont été
retenues. Deux d’entre elles, d’origine maghrébine – est-ce un hasard ? – ont
été fouillées, humiliées et interrogées pendant des heures avant d’être
expulsées. Les trois autres, dont la présidente de l’association, Mme Eskenazy,
ont été détenues durant trois jours dans les cellules de l’aéroport.
La mission consistait à créer un dialogue culturel, avec des
outils éducatifs, et s’adressait à des enfants. L’objectif était de fournir des
moyens d’expression autres que la violence dans un endroit où celle-ci est
omniprésente. Cet événement se rattache à d’autres plus dramatiques encore qui
ont lieu à Gaza. Un journaliste israélien disait récemment dans le journal Ha’aretz
que les méthodes utilisées à Gaza, (priver d’électricité et d’eau 750 000
personnes, ou kidnapper un quart du gouvernement et plusieurs députés
légitimement élus, par exemple) se rapprochent de celles d’une organisation
terroriste. Lorsque nous avons discuté, avec le groupe socialiste, de la violation
des droits de l’homme en Tunisie, nous avions souligné que la privation de ces
droits ne s’accommode ni du neutralité ni du silence. Considérez-vous, madame
la ministre, que nous sommes aujourd’hui en possession de signes positifs pour
ratifier l’accord de coopération entre Israël, la Communauté française et
la Région wallonne.
Avez-vous protesté auprès du gouvernement israélien contre
l’expulsion de ces cinq citoyens belges qui voyageaient dans le contexte d’une
action culturelle subventionnée par la Communauté française et qui ont été emprisonnés
illégalement ?Quels sont les moyens dont vous disposez pour faire part à
Tel-Aviv de notre indignation la plus profonde face à la situation globale qui
prévaut en Palestine ?
La commissaire européenne s’est récemment écartée de la
prudence traditionnelle de son institution par rapport au conflit du
Proche-Orient en parlant d’un peuple pris en otage. De ce point de vue, elle a
été plus audacieuse que notre ministre des Affaires étrangères qui reste bien
prudent
?
.