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Relations internationales



- Interpellation de Véronique JAMOULLE à Marie-Dominique Simonet, Ministre des Relations internationales, relative à "la coopération de la Communauté française de Belgique avec la Palestine" [03/07/07]



Madame la Ministre,
 
J’ai récemment participé à une mission d’associations culturelles, syndicales et de coopération au développement en Palestine. A cette occasion, nous avons rencontré de nombreuses organisations palestiniennes, israéliennes et des Nations Unies ainsi que des représentants de la coopération et des affaires étrangères belges.
 
De manière générale, l’impression que nous avons eue est que la situation sur le terrain est bien plus inquiétante que l’image qui prédomine dans les médias et l’opinion publique. La politique systématique de colonisation menée par Israël n’a jamais cessé, que du contraire, même après la Conférence d’Annapolis en novembre 2007, y compris à Jérusalem-Est.
 
L’augmentation des routes réservées aux colons, des points de contrôle et des colonies ainsi que de la poursuite de la construction du mur réduit la Cisjordanieen une série d’enclaves entre lesquelles les Palestiniens sont de moins en moins libres de circuler. Des familles sont séparées ; des paysans coupés de leurs champs ; des enfants de leur école ; des personnes âgées du cimetière où elles allaient se recueillir sur la tombe d’un conjoint ; des malades empêchés d’accéder à un hôpital. L’eau et l’électricité, achetés à prix cher à Israël, manquent souvent.

L’économie, est exsangue et une partie de plus en plus importante de la population dépend de l’aide humanitaire, achetée elle aussi à Israël…
 
Sans parler de la bande de Gaza, immense cage à ciel ouvert où survivent 1 million et demi de personnes sur un territoire de 50 sur 5 à 10 km... teritoire dans lequel meme les diplomates européens ont du mal à entrer. Des jeunes de Gaza nous ont demandé de leur donner une raison d’espérer encore et nous ont dit « c’est difficile de vivre à Gaza mais c’est très facile d’y mourir »
 
Cette situation fait que beaucoup des personnes rencontrées ont de plus en plus de mal à garder espoir dans une solution négociée avec Israël, qu’ils appellent pourtant de tous leurs vœux et pour laquelle beaucoup d’entre eux travaillent en collaboration avec des associations israéliennes pour la paix et les droits de l’homme.
 
Nombreux aussi ont été nos interlocuteurs qui ont dénoncé le fait que l’UE et ses Etats membres ont abandonné le rôle moteur qu’ils ont joué à un certain moment pour un traitement politique du conflit israélo-palestinien…
 
Aujourd’hui, l’UE et ses Etats membres sont revenus à une approche essentiellement humanitaire, voire « palliative »… Ils aident la population à survivre mais non à vivre dans la dignité…
 
A cet égard, Madame la Ministre, il me semble que le festival Masarat que vous avez initié avec votre collègue de la Culture est un bel exemple de dépassement d’aide purement humanitaire et de solidarité avec des artistes, avec un peuple qui veut vivre dans la dignité… Beaucoup de personnes rencontrées nous ont dit combien pour elles étudier, danser, peindre, ou faire de la musique était pour elles la seule manière de résister pacifiquement, de continuer à exister…
 
Beaucoup d’interlocuteurs nous ont parlé de Masarat avec enthousiasme, y compris les représentants de la coopération fédérale qui vont soutenir l’opération « Jérusalem, ville culturelle du monde arabe 2009 ».
 
Les étudiants du département de français (créé en 1998 par la Communauté française) de l’Université Al-Azhar de Gaza avec lesquels nous avons eu une longue discussion émouvante, nous ont raconté leurs espoirs de paix, leurs difficultés de vie et leur besoin de culture et d’échanges interculturels. Ils regrettent de ne pas rencontrer d’Israéliens (« on ne voit que leur armée ») et de ne pas avoir « de place pour marcher, regarder les oiseaux, pas de théâtre, pas de cinéma… ».
 
C’est par la musique et le chant aussi qu’un responsable d’une petite ONG de Gaza aide les enfants à surmonter les traumatismes des incursions de l’armée israélienne, de la mort de parents proches, du bruit des armes à feu… Il a créé une classe de chant et musique dans son appartement où les enfants vont l’après-midi.
 
Compte tenu de la situation que je viens de décrire et des compétences de la Communautéla Ministre, vous poser plusieurs questions et vous demander d’entreprendre certaines démarches.
 
Tout d’abord, le site du CGRI ne mentionne plus la Palestine et il semblerait que l’APEFE n’a plus de programme en Palestine. Quelles en sont les raisons ?
 
Le département de français (et sa bibliothèque) de l’Université d’Al-Azhar de Gaza n’est plus soutenu par la Communauté française depuis quelques années. Or, nous avons pu le constater, il fait un travail remarquable non seulement pour l’enseignement du français mais aussi d’éducation à la citoyenneté et à la paix. Ne pourrait-on envisager de reprendre une coopération avec ce département ?
 
Quelques étudiants de ce département avaient obtenu une bourse pour compléter leur formation en Communauté française. Ils avaient leur visa, mais en raison du blocus de Gaza, ils n’ont pu sortir de Gaza et venir en Belgique. Des étudiants et artistes résidents en Cisjordanie connaissent les mêmes restrictions. Certains artistes palestiniens risquent d’ailleurs de ne pouvoir participer à Masarat pour cette raison. Quelles démarches avez-vous prises ou comptez-vous entreprendre auprès de votre homologue du fédéral et des autorités israéliennes pour des partenaires palestiniens de la Communauté française empêchés de se rendre en Communauté française ?
 
Les besoins en formation dans certains secteurs sont importants (en particulier dans le secteur infirmier) selon un responsable de la CTB  l’APEFE ?
Enfin, dans le cadre de la campagne de solidarité avec la Palestine, les associations syndicales, culturelles et de développement demandent au Ministre des Affaires étrangères de mettre d'urgence à l'ordre du jour du Conseil européen, du Conseil des affaires générales et relations extérieures ainsi que du Conseil de sécurité des Nations Unies la question de la suppression du blocus de Gaza. Ne pouvez-vous pas, dans le cadre de la CIPE, soutenir cette démarche
?





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