Relations internationales
- Question
orale de Véronique JAMOULLEà Marie-Dominique Simonet, Ministre des Relations internationales, relative au "retrait de l'APEFE en Tunisie"
Madame la
Ministre,
Comme vous le savez, l’APEFE est intégrée au sein de
l’Espace International Wallonie Bruxelles comme opérateur privilégié de la
coopération au développement. L’APEFE est présente en Tunisie depuis 1992 par
le biais d’une Convention avec les Ministères de l’Education et de l’Enseignement
supérieur.
Ses activités dans le secteur
de l’enseignement supérieur
et, depuis 2001, dans le secteur de l’éducation de
base sont fortement appréciées dans ce pays qui a
toujours fait le pari de l’éducation, et ce dès son
indépendance.
Malgré la qualité du programme APEFE en Tunisie, celui-ci a
été entièrement arrêté en 2004. Il est vrai que les moyens financiers de
l’association dépendent en grande partie de la coopération fédérale et la DGCD a décidé de ne plus
financer le programme APEFE Tunisie car ce pays ne fait plus partie des pays
dits « prioritaires ».
Si la
Tunisie ne fait pas partie des priorités pour la coopération
fédérale, il n’en est pas de même pour la Communauté française. En effet, les pays du Maghreb, de par leur proximité
géographique et leur communauté linguistique, constituent des partenaires de
choix pour Wallonie-Bruxelles. Notre Communauté a d’ailleurs conclu des
accords-cadres avec 3 pays du Maghreb : la Tunisie, le Maroc et
l’Algérie. Des délégations ont été installées dans les 3 pays et les délégués
travaillent en lien étroit avec les coordinateurs APEFE.
Par ailleurs, le français est en recul et l’anglais connaît
un certain engouement. Bien sûr, cette situation est moins criante qu’au Rwanda
et Burundi mais nous devons redoubler d’efforts pour ne pas perdre le lien
linguistique qui nous unit.
Enfin, il est pour le moins paradoxal que le fédéral impose
ses priorités aux acteurs indirectes et encore plus particulièrement à
l’APEFE.
Pour toutes ces raisons, et même si nous déplorons le manque
de liberté de la presse, les atteintes aux droits de l’homme et le déficit
démocratique, je pense que ce retrait doit être reconsidéré. C’est en effet par
l’Education que la population aura les armes pour se battre pour une société plus
démocratique et respectueuse des droits de chacun.
Je suis consciente que notre
marge de manœuvre est limitée mais en tant que Ministre des Relations
internationales et Présidente du CA de l’APEFE, pourriez-vous rediscuter de ce
dossier avec le fédéral ?