Services publics
- Question
orale de Véronique JAMOULLE à Marie-Dominique Simonet, Ministre des Relations internationales relative à "la proposition de directive service Bolkenstein" [1]
Madame la
Ministre,
Le vote du 22 novembre dernier en commission du Marché
intérieur du parlement européen sur la
proposition de directive « Bolkestein » inquiète tous ceux pour qui des
services publics forts sont une condition nécessaire au maintien de notre
modèle social européen. Les rapports de force au parlement européen étant ce
qu’ils sont, les amendements votés n’ont que très peu diminué les risques de «
détricotage » de nos services publics.
Le champ d’application de la directive n’est toujours pas
clairement défini. Si les services d’intérêt général (SIG) ne sont pas
concernés par cette proposition de directive, aucune définition précise n’en a
encore été donnée. Il semble, par exemple, que l’enseignement fondamental soit
considéré comme un SIG. Y a-t-il consensus au niveau de l’Union sur ce point ?
Qu’en est-il des autres domaines qui concernent la Communauté française
comme, par exemple, l’enseignement supérieur, l’enseignement à distance,
l’enseignement pour les adultes ou la culture ?
Depuis le début, nous prônons l’adoption d’une
directive-cadre sur les SIG qui permettrait de différencier clairement les services d’intérêt général et les services
d’intérêt économique général. Bien sûr, nous plaidons pour que les SIG incluent
l’enseignement, obligatoire et supérieur, la culture, l’audiovisuel et la
santé. La Commission
du Marché intérieur a amendé le texte original afin d’exclure l’audiovisuel, la
santé et les jeux de hasard du champ de la directive. C’est une bonne chose.
Reste à voir si ces secteurs ne seront pas réintroduits dans le champ de la
directive lors du vote en séance plénière du Parlement européen.
Par ailleurs, le principe du pays d’origine semble être
maintenu, même s’il connaît quelques dérogations. Le risque de dumping reste
dès lors élevé. Madame la ministre, au vu des évolutions récentes, pouvez-vous
nous donner la position du gouvernement de la Communauté française
dans ce dossier ?
Enfin, le Conseil européen s’est réuni les 15 et 16 décembre
derniers. La proposition de directive a-t-elle fait l’objet de discussions,
mêmes informelles, entre les États membres ? Pouvez-vous nous éclairer sur la
position des différents États membres par rapport à la proposition de directive
?
En effet, voici quelques mois, plusieurs gouvernements
avaient laissé entendre qu’ils s’opposeraient à ce projet. La directive fait
pourtant son petit bonhomme de chemin.
Y-a-t-il convergence de vue au plan belge sur la position
adoptée face à cette proposition de directive ? Je crains que non. J’en veux
pour preuve que la discussion d’une résolution déposée au parlement de la Région bruxelloise a
soulevé des problèmes de la part de collègues du VLD. Comment définir alors une
position belge ? La
Communauté flamande a-t-elle la même vision que la Communauté française
des implications d’une telle directive sur nos compétences ?