- Question
orale de Véronique Jamoulle àMarie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative à la "prise en charge des enfants souffrant de TDA-H"
Madame la
Ministre,
Le centre d’écoute et d’accompagnement pour jeunes de
Braine-l’Alleud et de Waterloo vient de présenter une brochure intitulée Mais
pourquoi ces enfants s’agitent ? Fruit de trois ans de travail, elle rend
compte de l’inquiétude croissante des parents, des éducateurs et des soignants
à l’égard des manifestations liées au trouble déficitaire de l’attention avec
hyperactivité, le TDA/H. En décembre 2005, la Fondation Roi
Baudouin avait publié les Grands chantiers du TDA/H avec pour ambition de
procéder à l’état des lieux du trouble aux multiples facettes, de son impact à
divers niveaux, notamment dans le secteur scolaire, et des pistes de traitement
envisagées. Dans le chapitre consacré à la scolarité, il est précisé que dans
la majorité des cas, les enfants atteints de TDA/H sont capables de suivre
l’enseignement ordinaire mais qu’il n’est pas rare qu’ils éprouvent des
difficultés d’apprentissage en raison du rythme imposé par la classe, et se
retrouvent dès lors en enseignement spécialisé de type 8. C’est également le
cas des enfants qui connaissent d’autres problèmes alors qu’ils pourraient
suivre l’enseignement ordinaire. Nous devons absolument nous en préoccuper. Le
rapport de la Fondation
Roi Baudouin a épinglé différents éléments.
Les enseignants ont un rôle très important à jouer auprès de
ces enfants mais il n’est pas toujours évident pour eux d’individualiser les
apprentissages au sein du « groupe classe ». Si la pédagogie différenciée est
inscrite dans le décret « missions », son application n’est pas toujours aisée
sur le terrain. L’enquête effectuée auprès des enseignants le démontre à
suffisance. Les enseignants, les équipes éducatives et les membres des CPMS
sont unanimes pour reconnaître qu’ils manquent d’information sur le TDA/H, mais
aussi de formation. Ils sont en demande de pistes pédagogiques concrètes pour
travailler avec ces enfants. Que pense la Ministre-Présidente de certaines propositions
émises dans le rapport précité, en particulier celles qui préconisent d’individualiser
les apprentissages dans l’enseignement ordinaire et de former des enseignants
et des agents des CPMS? De telles formations sont-elles intégrées dans les
modules proposés par l’IFC ? Par ailleurs, un « guide à l’attention des
enseignants confrontés au TDA/H » a été édité par l’association TDA/H de
Belgique. La ministre-présidente en a-t-elle pris connaissance ? Une mise à
disposition est-elle envisagée pour les enseignants ? Le rapport suggère
également une meilleure utilisation du site www.enseignement.be. En amont de la prise en charge se pose la question de
l’établissement d’un diagnostic correct. Loin de moi l’idée de rejoindre
certaines tendances apparues en France de « criminalisation du nourrisson » à
coup de dépistages précoces et généralisés qui visent à catégoriser toujours
davantage les individus. Bien au contraire, si j’interroge les ministres, ce
n’est pas pour émettre une volonté de resserrer les structures autour de
l’enfant, mais pour connaître les moyens à notre portée pour l’aider à
s’émanciper et, tout simplement, à grandir avec les autres. Une meilleure
coordination entre les structures existantes ne devrait-elle pas être
envisagée ? Une prise en charge optimale, celle qui mènera l’enfant à un
parcours scolaire lui permettant de s’autonomiser et de s’épanouir, tel que
défini dans le décret « missions », ne peut faire l’économie de la
pluridisciplinarité. Impliquer l’école est un pas, mais il est évident qu’à
elle seule, l’école ne peut solutionner la problématique tellement complexe des
enfants TDA/H. Les consultations ONE et toutes les autres formes de soutien et
d’accompagnement des enfants et des familles sont évidemment impliquées. La
ministre Fonck peut-elle dresser un état des lieux des structures susceptibles
de jouer un rôle clé dans le diagnostic et/ou le suivi des enfants ? Quelles
articulations peuvent-elles être envisagées entre les compétences de
l’éducation et celles de la petite enfance ? Je souhaiterais connaître les avis,
les constats et les propositions des
ministres en la matière.