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Non discriminations



- Question orale de Véronique Jamoulle à Marie Arena, Ministre-Présidente de la Communauté française et Ministre de l'Egalité relative à la "féminisation des titres, fonctions et noms de métiers
séance plénière du 29 novembre 2004 - p.14




Madame la Ministre,

10 ans après l’entrée en vigueur du décret relatif à la féminisation des noms de métiers, fonction, grade ou titre (adopté en juin 1993) ainsi que de son arrêté d’application, il me semble utile de revenir sur ce sujet.

En effet, en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, la route est encore longue. La question de la féminisation des termes porte en elle-même une forte charge symbolique et pèse un poids important dans la façon qu’ont les individus de percevoir la société et le monde qui les entourent. De même que la place qui leur est « réservée » ou non : ce n’est pas un hasard si femme de ménage n’a pas de masculin ni Gouverneur de féminin.

Mon exemple est volontairement provocant, mais je ne voudrais pas pour autant que mon propos soit réducteur. Ingénieur n’a pas non plus de féminin (Le mot est invariable - Cf. règles de féminisation Communauté française), mais on s’interroge sur les raisons qui font que les jeunes filles délaissent les filières et métiers scientifiques…

Je suis parfois heurtée de voir que de nombreuses personnes considèrent que cette difficulté est soit réglée, soit non digne d’intérêt. Je ne partage pas ce point de vue. Je pense que c’est un thème de réflexion utile et intéressant.

Je me réjouis d’ailleurs particulièrement de l’édition récente du Guide « Féminisation des titres et fonctions du personnel de la Ville de Bruxelles » (bilingue français-néerlandais) qui vient d’être réalisé pour la Ville de Bruxelles par Patricia Niedziecki, Présidente de l’Institut de Recherche pour le développement de l’Espace culturel Européen et Observatoire du Genre, de la Féminisation et des Langues. Le contenu est particulièrement riche et même captivant.

Nous aurions, je pense à gagner en Communauté française en nous repenchant sur la question, d’autant plus que l’on assiste souvent à des « oublis » et que je sais que nous sommes évidemment une assemblée de convaincus de la cause égalitaire.

Voici, plus concrètement, quelles sont mes questions précises :

n’est-il pas temps de rouvrir ce dossier en CF et de procéder à une évaluation des difficultés, écueils, obstacles ou succès rencontrés dans la mise en œuvre du décret ? Envisagez-vous de demander une étude de ce type?

Sur base des résultats qui pourraient sortir d’une analyse approfondie, il pourrait être pertinent d’envisager d’aller plus loin dans la dynamique en Communauté française (et envisager plus avant la question des règles grammaticales de féminisation). Avez-vous déjà un point de vue sur cette question ?

Peut-on se contenter d’utiliser une formule en début de décret : « les termes utilisés sont épicènes » en galvaudant de ce fait la signification de ce terme ? Ou doit-on réfléchir à rédiger nos écrits dans une langue plus égalitaire ?

Ne serait-il pas souhaitable désormais de parler d’égalitarisation de la langue (ou un autre terme qui pourrait convenir et déterminer le véritable objectif : l’égalité entre les genres, au travers de la langue)  plutôt que de féminisation ?

Vous pourrez en tout cas compter sur mon soutien attentif et ma participation active à la réflexion. Je vous sais particulièrement sensible aux questions relatives à l’égalité et désireuse d’agir avec détermination.

Je vous remercie de votre attention.

















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