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Social




- Interpellation [jointe] de Véronique JAMOULLE à Marie Arena, Ministre de l'Enseignement obligatoire et de promotion sociale relative à  "au dernier rapport sur la pauvreté dans ses rapports avec l'enseignement"
Séance plénière du 14 février 2006 - p.30



Madame la Ministre-Présidente,
 
En mai dernier, dans le cadre du 10ème anniversaire du Rapport Général sur la Pauvreté, ma collègue Isabelle Simonis vous interrogeait sur l’implication de la Communauté française dans ce débat, notamment les priorités du GCF en la matière et la sensibilisation des acteurs de la CF.
 
Vous nous aviez à l’époque assuré de votre grande vigilance en insistant sur la nécessité de transversalité et de collaboration entre les différents niveaux de pouvoir pour remédier à la dégradation dramatique de la situation de certaines couches de la population en matière d’accès au savoir, à la santé, au logement, à la culture, etc.
 
Comme vous le rappeliez, en adoptant un programme d’action pour la promotion de l’égalité hommes-femmes, de l’interculturalité et de l’inclusion sociale, le GCF a déjà marqué sa volonté d’agir afin que les droits fondamentaux soient des droits réels et non fictifs pour TOUS. Parmi les thèmes développés dans ce programme, on retrouvait la lutte contre le décrochage scolaire, l’accès aux classes-passerelles et l’alphabétisation des adultes, autant de thèmes qui font l’objet d’une préoccupation partagée au travers du Contrat pour l’Ecole.
 
Le service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale a publié, en décembre 2005, son troisième rapport bisannuel intitulé : « Abolir la pauvreté : une contribution au débat et à l’action politique ». Contenant de nombreuses résolutions, il a pour objectif de mener à un agenda politique concret pour la lutte contre la pauvreté.
 
Avant d’en venir plus spécifiquement au volet enseignement de ce dernier rapport sur la pauvreté, permettez-moi de vous adresser une question d’ordre plus générale. Il me semble en effet important, et le rapport le souligne, de mener une action concertée à tous les niveaux de pouvoir lorsque l’on parle de pauvreté. Dès lors, pouvez-vous nous donner vos pistes de réflexion quant à l’articulation des programmes d’actions des différents niveaux de pouvoirs afin d’avoir une action cohérente au niveau national avec des priorités clairement définies ?
 
Par ailleurs, en ce qui concerne le domaine culturel, le document reprenant les priorités Culture a donné des signaux positifs pour l’accès à la Culture et la participation culturelle pour les plus défavorisés, avec notamment la gratuité des musées ou la rédaction d’un décret sur les centres d’expression et de créativité,…
 
Le décret culture-école, que nous allons avoir le plaisir d’examiner prochainement, doit je pense être l’un des piliers de l’action lorsque l’on parle de Culture et pauvreté. L’école est en effet l’unique lieu où tous les enfants, quel que soit leur niveau social, peuvent découvrir et s’approprier la Culture. Faire de ceux qui n’osent pousser la porte d’un musée ou d’un théâtre (les non-publics) des consommateurs et acteurs culturels doit être notre objectif premier. Et je pense que le décret culture-école est un moyen efficace pour y parvenir, si nous nous en donnons les moyens.
 
Mais les liens culture-école, s’ils s’avèrent indispensables, ne sont cependant pas suffisants pour répondre à cette problématique complexe. C’est pourquoi j’encourage le Gouvernement à poursuivre sa réflexion afin que la Culture, que nous considérons tous comme un droit inaliénable, soit une réalité pour tous les citoyens.
 
Concernant le volet « enseignement » de ce dernier rapport sur la pauvreté, qui se penche sur les engagements pédagogiques et financiers à prendre pour garantir le droit à l’enseignement. L’intitulé est, à lui seul, très évocateur des problèmes rencontrés.
 
Des mesures telles que le renforcement de l’attractivité de l’enseignement professionnel, l’amélioration des relations école-famille, l’ouverture de l’école sur le monde, le refus aux écoles-ghettos ou encore la lutte contre les inégalités, ont fait l’objet de réflexions dans le cadre du Contrat pour l’Ecole, et y sont d’ailleurs amplement détaillées.
 
D’autres axes de réflexion sont développés, et d’autres problèmes soulevés. Parmi ceux-ci, un me tient particulièrement à cœur : les frais scolaires comme cause importante de surendettement. Il est vrai que de nombreuses personnes contractent des dettes « de survie » pour pouvoir subvenir à leurs besoins essentiels : loyer, nourriture, énergie, vêtements, soins de santé, école, mobilité, … L’école, qui est obligatoire, qui se doit d’être accessible à tous, est encore trop discriminatoire ! Pouvons-nous tolérer que des parents, soucieux de permettre à leur enfant de participer aux activités « comme les autres » mais ne disposant pas des moyens financiers suffisants pour y faire face, s’endettent pour éviter à leur enfant de vivre le rejet et la stigmatisation par ses pairs ?
 
 
A ce niveau, le rapport dont question propose des pistes pour rendre effectif le droit pour tous à un accès gratuit à l’enseignement. Madame la Ministre-Présidente, pouvez-vous nous dire ce que vous pensez de telles mesures, notamment de celle qui préconise l’introduction d’un 13ème mois d’allocations familiales pour aider les familles à faire face  aux importantes dépenses de fournitures scolaires à la rentrée?
 
Il me semble que la lutte contre le surendettement doit passer par le combat contre ses causes, car les droits fondamentaux sont ici en péril !
 
Quelles articulations sont-elles prévues entre ce rapport bisannuel, le Rapport Général sur la Pauvreté, et le plan « Inclusion sociale » ?
 
De quelle manière le GCF compte-t-il exploiter les pistes issues de ce rapport, afin de mener une lutte de front contre la pauvreté, et de permettre, à chacun, de jouir de ses droits ? 

 

 








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